Politique

Révision constitutionnelle : la CENCO hausse le ton et avertit Félix Tshisekedi des risques de balkanisation

La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a réaffirmé son opposition à toute initiative visant à modifier les dispositions dites « verrouillées » de la Constitution de la République démocratique du Congo. Dans un message rendu public, ce samedi 20 juin 2026, les évêques catholiques mettent en garde contre les conséquences qu’un tel processus pourrait avoir sur l’unité et la stabilité du pays.

Selon la CENCO, aucune nécessité ni urgence ne justifie actuellement une révision de la Loi fondamentale. « Nous pensons que tout passage en force dans cette direction comporte des risques énormes de balkanisation du pays. Nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de changer la Constitution. La priorité aujourd’hui en RDC, c’est la paix », ont déclaré les prélats.

Les évêques appellent également les Congolais à demeurer vigilants et à s’opposer « par tous les moyens légaux et pacifiques » à toute tentative de modification des dispositions protégées par la Constitution. Ils estiment que le pays fait face à des défis plus pressants et invitent les citoyens à prendre leur destin en main afin d’éviter que l’avenir de la nation ne soit compromis.

S’adressant directement au président Félix Tshisekedi, la CENCO lui rappelle le serment prêté « devant Dieu et la Nation » lors de son investiture, conformément à l’article 74 de la Constitution. Les évêques soulignent que le chef de l’État a l’obligation de défendre et de respecter la Loi fondamentale promulguée en 2006, avertissant que toute attitude contraire engagerait sa « responsabilité personnelle et historique ».

La Conférence Épiscopale réitère par ailleurs une position qu’elle défend depuis 2018, rappelant que le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. « Il s’ensuit que tout président ayant épuisé son deuxième mandat ne peut plus en briguer un troisième », insistent les prélats.

Cette nouvelle sortie de la CENCO intervient dans un contexte marqué par l’intensification du débat sur une éventuelle révision constitutionnelle, sujet qui continue de diviser la classe politique et la société congolaise, alors que les appels à la paix et à la stabilité se multiplient dans un pays confronté à de nombreux défis sécuritaires et socio-économiques.

Joseph Mutshinayi

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