RDC : Fayulu, Sessanga, Kabund blessés lors du sit-in de l’opposition
Ce vendredi 12 juin, le sit-in organisé par la Coalition 64 (C64) devant le Palais du Peuple pour dénoncer toute éventuelle révision de la Constitution a rapidement basculé dans la violence. Alors que les leaders de l’opposition et leurs partisans tentaient d’accéder à l’esplanade du Palais du Peuple, ils ont été confrontés à un important dispositif sécuritaire composé d’éléments de la Police nationale congolaise ainsi que de militants identifiés comme appartenant à la Force du Progrès.
Les images qui circulent sur les réseaux sociaux témoignent d’une intervention musclée ayant visiblement visé les manifestants et plusieurs figures de l’opposition. Martin Fayulu apparaît notamment avec une blessure à la tête, attribuée à un projectile selon plusieurs témoins. Delly Sessanga et Jean-Marc Kabund ont également fait état de blessures subies au cours des altercations.
À ce stade, aucun bilan officiel n’a été communiqué par les autorités. Toutefois, Martin Fayulu affirme que deux de ses partisans auraient perdu la vie lors de cette journée de tensions. Une information qui reste en attente de confirmation indépendante.
Au-delà des affrontements, une question demeure : comment une manifestation politique annoncée publiquement et organisée autour d’une revendication constitutionnelle a-t-elle pu se transformer en une scène où des leaders politiques se retrouvent blessés et où des pertes en vies humaines sont évoquées ? Plus encore, pourquoi l’expression d’un désaccord politique semble-t-elle désormais exposée à une telle démonstration de force ?
Les événements de ce 12 juin relancent également le débat sur la place de l’opposition dans le jeu démocratique congolais. Quelles garanties existent pour permettre aux acteurs politiques de manifester leurs opinions sans craindre des violences ? Comment construire un débat serein sur l’avenir institutionnel du pays lorsque la confrontation physique prend le dessus sur l’échange d’idées ?
Alors que la RDC traverse une période marquée par de vifs débats autour de la Constitution, cette journée restera comme un signal d’alerte. Car au-delà des divergences politiques, la véritable question est celle de la capacité de la démocratie congolaise à tolérer la contradiction, à protéger les libertés publiques et à faire prévaloir le dialogue sur la force.
Joseph Mutshinayi




