Politique

RDC : Ambongo remercie Tshisekedi, le ton a-t-il changé sur la constitution ?

Le ton a-t-il changé ? C’est la question qui se pose après la rencontre entre le président Félix-Antoine Tshisekedi et les représentants des principales confessions religieuses de la République démocratique du Congo, tenue ce vendredi 17 juillet 2026 à la Cité de l’Union africaine.

À l’issue de cette audience, le chef de l’État a annoncé la mise en place d’un dialogue national « inclusif, apaisé et résolument républicain », destiné à renforcer la cohésion nationale dans le respect des institutions et de la Constitution. Une annonce accueillie favorablement par les représentants religieux, parmi lesquels le cardinal Fridolin Ambongo.

« Nous nous réjouissons de cette annonce et exprimons notre gratitude au Chef de l’État », a déclaré le cardinal au nom de la délégation. Dans une intervention particulièrement élogieuse, le président de la CENCO a salué la « hauteur » du chef de l’État, estimant que celui-ci s’était « surpassé » en invitant les fils et les filles du Congo à s’asseoir autour d’une table afin d’échanger sur les problèmes qui minent le pays.
Cette tonalité tranche avec la fermeté affichée quelques semaines plus tôt par la CENCO sur la question constitutionnelle.

Dans une déclaration antérieure, les évêques catholiques s’étaient opposés à toute modification des dispositions verrouillées de la Constitution et avaient appelé les Congolais à s’opposer, par des moyens légaux et pacifiques, à toute tentative en ce sens. Ils avaient également rappelé au président de la République son obligation constitutionnelle de défendre la Loi fondamentale.

D’où la question qui traverse désormais le débat politique : l’ouverture annoncée d’un dialogue national constitue-t-elle un nouveau terrain d’entente susceptible de modifier le climat entre le pouvoir et les confessions religieuses ? Ou s’agit-il simplement d’une convergence ponctuelle autour de la nécessité de restaurer la cohésion nationale, sans remettre en cause les divergences persistantes sur l’avenir de la Constitution ?

Pour l’heure, rien ne permet d’affirmer que le cardinal Ambongo ou la CENCO ont officiellement renoncé à leur position antérieure sur le changement de la Constitution. Mais le contraste entre la fermeté du discours précédent et les remerciements adressés ce vendredi au chef de l’État nourrit inévitablement les interrogations.

Le dialogue annoncé pourrait ainsi ouvrir une nouvelle séquence politique en République démocratique du Congo. Son contenu, ses participants, son agenda et surtout les garanties entourant son caractère inclusif seront scrutés avec attention. Car derrière l’unanimité apparente autour du principe du dialogue se cache une question essentielle : ce processus servira-t-il uniquement à renforcer la cohésion nationale ou deviendra-t-il également le cadre d’un débat plus large sur les institutions et la Constitution ?

En attendant les prochaines étapes, une chose est certaine : après des semaines de confrontation verbale autour de la Loi fondamentale, le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi semble avoir installé un nouveau langage politique. Reste à savoir si ce changement de ton se traduira par un véritable rapprochement ou s’il ne constitue qu’une parenthèse dans une bataille constitutionnelle loin d’être terminée.

Joseph Mutshinayi

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