Lualaba : plus de 800 cultivateurs privés de leurs terres à Kampemba
Dans la zone de Kampemba, secteur de Luilu, village Kipepa, un vent d’indignation souffle depuis plusieurs jours. Plus de 800 cultivateurs affirment avoir perdu leurs champs, réquisitionnés sans préavis ni compensation.
L’alerte émane de l’Initiative pour la protection des droits de l’homme et la réinsertion sociale (IPDHOR), qui dénonce une violation manifeste des droits fondamentaux.
Dans un communiqué rendu public, cette organisation de défense des droits humains interpelle directement le chef de l’État et parle d’un acte d’expropriation arbitraire.
Selon ses enquêtes, tout aurait commencé il y a environ trois semaines, lorsqu’un groupe d’hommes se présentant comme émissaires du gouvernement s’est introduit dans les champs longeant le fleuve Lualaba.
Ces individus auraient d’abord évoqué un projet d’identification des cultivateurs avant d’annoncer, quelques jours plus tard, que les terrains étaient désormais réquisitionnés par l’État.
« Le gouvernement nous a pris nos champs par la force. Comment allons-nous vivre avec nos enfants ? », s’indigne Papy, l’un des paysans concernés.
« On devait d’abord nous indemniser. Aujourd’hui, nous n’avons plus rien », ajoute-t-il.
Quelques jours après ces annonces, des engins lourds sont arrivés sur le site et ont détruit les cultures : maïs, manioc, patates douces. Des produits essentiels à la sécurité alimentaire locale.
Aucune indemnisation n’a été versée, et aucun document officiel d’expropriation n’a été rendu public.
Pour François Mulunda, autre victime, la situation reflète un mépris profond envers le monde agricole :
« Moi, je vis de mon champ, c’est tout ce que j’ai. Aujourd’hui, on m’en prive. À mon âge, où vais-je aller ? »
L’IPDHOR estime que ces agissements violent les lois congolaises sur la propriété foncière et les engagements internationaux de la RDC. L’organisation redoute une crise sociale et alimentaire dans une province déjà confrontée à la précarité.
« Ces pratiques illégales menacent la stabilité sociale et risquent d’alimenter la pauvreté et la faim dans le Lualaba », avertit l’ONG.
L’organisation appelle enfin le gouvernement central à agir sans délai, à mettre fin aux expropriations abusives et à mettre sur pied une commission indépendante pour examiner le dossier et indemniser les victimes.




